mercredi, 21 juillet 2010
Le vrai procureur, c'est le peuple de Côte d'Ivoire
Suite aux accusations portées contre monsieur Désiré Tagro, ministre de l'Intérieur, par Mamadou Koulibaly, président de l'Assemblée nationale de Côte d'Ivoire, le président Gbagbo a saisi le procureur Raymond Tchimou, aux fins de diligenter une enquête pour situer les responsabilités dans cette affaire. Depuis le lundi 19 juillet dernier, le procureur a rendu les conclusions de son enquête: Tagro Désiré est blanc comme neige et est innocent, selon le procureur, par rapport à toutes les accusations qui ont été portées comme lui.
Malgré ce résultat, moi je continue à penser que la fraude, la corruption, le tribalisme à l'école de police sont bien une réelles et que Mamadou Koulibaly n'a pas eu tort de dire ce qu'il a dit. D'où cette lettre ouverte déjà publiée dans les colonnes de "LE NOUVEAU REVEIL"
Monsieur le président, dans les affreuses années de crise morale et de perte de toutes les valeurs que traverse notre pays, vous avez cru, en tant que représentant de la nation, qu’il était de votre devoir de tirer la sonnette d’alarme sur les crimes qui sont commis contre le peuple, au sommet de l’Etat. Vous avez cru qu’il était de votre devoir de défendre l’égalité d’accès de tous les enfants de ce pays aux emplois publics par voie de concours. Vous avez cru qu’il était de votre devoir d’amplifier le cri de colère et de misère de tous ces enfants de pauvres à qui M. Laurent Gbagbo a promis l’égalité des chances et qui cependant, n’ont aucune chance dans la Côte d’Ivoire d’aujourd’hui, de réaliser le rêve qu’ils ont nourri pendant plusieurs années, en se « tuant » à étudier sérieusement pour obtenir les diplômes qu’ils ont et qui ne leur servent absolument à rien, sinon qu’à gérer des cabines téléphoniques ou à vendre des médicaments aux vertus thérapeutiques douteuses dans les cars de transport public.
Vous avez cru que faire tout cela, était de votre devoir et vous n’avez pas eu tort. Le seul tort que vous avez eu, c’est de vous être déplacé, alors que vous êtes le représentant du peuple, pour aller à la rencontre du procureur de la République Tchimou Raymond. Lequel tient son poste de la seule volonté d’un homme et qui, en tant que procureur de la république, a sa carrière et son avenir liés, comme tout le monde le sait, à la volonté de cet homme qui n’est autre que Laurent Gbagbo. Qui a demandé à ce dernier d’enquêter sur les critiques que vous avez formulées à l’encontre de son ministre « des affaires intérieures », en prenant le soin de faire d’une pierre deux coups, par l’élargissement de cette enquête à des sujets dont vous n’avez jamais parlé.
Depuis avant-hier, le procureur de la République a rendu les conclusions très peu attendues de son enquête. Il n’est même plus nécessaire de revenir ici, sur ce qu’il a dit. Ce que je puis vous dire, c’est que vous n’avez pas à vous sentir seul, isolé, humilié. Vous sentir humilié, ce serait vous méprendre sur l’image que les Ivoiriens, dans leur immense majorité, se font de notre justice. En réalité, celui qui a été humilié dans cette affaire, c’est le peuple de Côte d’Ivoire et je ne parle pas ici, de l’innocence de M. Tagro. Le procureur a dit qu’il est innocent. Le procureur a tranché, vive donc le procureur !
Ce dont je parle, c’est cette inquiétude qui gagne de plus en plus les citoyens, cette majorité considérable d’Ivoiriens qui ont perdu confiance dans nos institutions et que plus rien n’étonne. Ce dont je parle, c’est cette humiliation infligée aux Ivoiriens (ceux qui ne se nourrissent pas sur la bête), par les députés de votre parti qui ont démontré aux yeux du peuple qu’ils n’ont rien compris à la mission à eux confiée, laissant l’Exécutif trahir et pervertir toute la société. Laissant l’Exécutif assujettir la justice à des fins politiciennes. C’est bien de cela que je parle. Et c’est pour cette raison que je dis, que vous n’avez pas à vous sentir humilié. Ce pays est ainsi, désormais. Les métastases de son pourrissement ont atteint toutes ses couches.
Les médiocres y sont célébrés et ceux qui défendent les valeurs qui fondent une République irréprochable sont pourchassés, traqués par la justice, insultés par des gens dont le seul mérite dans ce pays, est de travailler pour une société d’Etat qu’on appelle « patriotisme », financée par l’argent de tous les Ivoiriens. Regardez ce que le procureur de la République fait de la loi sur la presse. Une loi qui est l’aboutissement, nous a-t-on dit, d’une grande bataille menée par des aînés et qui a été considérée par tous, comme une avancée démocratique et qui, cependant, a perdu toute sa valeur, sous les coups de boutoir du procureur de la République, dans le silence affreux de l’Exécutif, garant des lois et sous les ordres duquel, il se trouve.
N’est-ce pas là monsieur le président, l’un des signes les plus palpables du recul de notre pays? Montesquieu disait qu’il faut que par une disposition naturelle des choses, le pouvoir arrête le pouvoir. Et c’est pour ne pas qu’un seul individu concentre entre ses mains tous les pouvoirs, qu’on a pensé à séparer l’Exécutif, le législatif et le judiciaire. Peut-on aujourd’hui, dans notre pays, affirmer qu’il y a une séparation des pouvoirs ? Non ! L’Exécutif, grâce à l’accord de Ouagadougou, a réussi à phagocyter les autres et les représentant du peuple sont payés à ne rien faire. Ils ne votent même plus le budget de la nation, une compétence essentielle, récupérée par l’Exécutif. La conséquence de cette situation, c’est la naissance de certains individus, qui sont au-dessus des lois et qui ont acquis une sorte de droit naturel sur l’ensemble du peuple. Oui, monsieur le président, je sais que cette situation vous faisant souffrir, vous a poussé à dénoncer ce que des individus comme nous, on commencé à dénoncer depuis 2007.
Cette situation vous a poussé à proposer le régime parlementaire comme alternative. Et je suis d’avis avec vous, au vu de ce qui se passe, qu’effectivement, la Côte d’Ivoire est en train de sortir du cercle des Etats de droit, pour entrer dans celui des Etats sans valeurs cardinales, où tout est mensonges et crimes au sommet de l’Etat. Où toute la vie de la nation tourne autour d’un seul individu, qui est une sorte de dieu repu, tapi au fond de son tabernacle et dont le moindre remuement est acclamé par une meute de profiteurs, comme un éclair de génie. Une sorte de dieu entouré par une nuée de mange-mil dont les cris sont si stridents que nul n’entend les gémissements du peuple, confiné dans les contreforts de la misère la plus noire.
Mais si cela peut vous rassurer monsieur le président, vous n’avez pas échoué. Prenez n’importe quel enfant de 12 ans que vous croiseriez dans une des rues de la commune où vous vivez et demandez-lui ce qu’il pense d’un certain Mamadou Koulibaly, président de l’Assemblée nationale de Côte d’Ivoire. Il vous répondra que c’est un type bien qui n’aime pas qu’on fasse du mal au peuple et qui dit certaines vérités considérées par d’autres comme des secrets d’Etat.
Or, la vérité, quand on l’emprisonne sous le sol, la conséquence est qu’elle s’y entasse telle qu’elle finit, un jour, par emporter tout, dans une explosion prodigieuse. Demain, dans quelques jours, dans quelques mois, dans quelques années, en tout dans un temps pas si lointain que cela à l’échelle humaine, la vérité éclatera. Car le vrai procureur, c’est le peuple. Dont le jugement, quand il tombe, est implacable et inattaquable. Haut les cœurs, monsieur le président ! Et merci pour le devoir accompli. Merci pour le courage ! Merci de nous avoir fait rêver ! Merci de nous avoir fait retrouver un peu d’espoir dans l’avenir de ce pays !
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Commentaires
je remercie Mr le president de l'assemblee nationale
Écrit par : kouadio oi kouadio denis | mardi, 23 novembre 2010
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